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I CIE L’EGREGORE I

I Cie en résidence permanente au Théâtre de Lenche I

4 spectacles présentés au Théâtre de Lenche cette saison dont 3 créations.

 

 

12 au 27 octobre 2007 I Mini-Théâtre du Panier

mardi, vendredi, samedi à 20h30 I mercredi, jeudi à,19h I dimanche 14 octobre à 16h

Ubu vos Papiers !

Une adaptation d’Ubu Roi d’Alfred Jarry pour Théâtre de papier

Cie l’Egrégore – Cie en résidence permanente au Théâtre de Lenche

Mise en scène : Jacques Germain et Joëlle Cattino 

Gravures et interprétation : Éric Poirier 

Décors, scénographie : Christiane Comtat 

Coproduction : Rencontres de Haute Romanche

 

Nous sommes en ces temps difficiles où la seule action possible ne serait plus l’action collective mais l’action d’un seul suivi par ses troupes. Peut-être.

Qui suivre ? Heureusement Ubu est là ! Seul, sachant chasser l’adversaire honni, l’ennemi adverse, seul élu par lui-même et par un enthousiasistique électage référendaire.

Ubu est là ! Il tentera avec basse férocité d’asservir le pays. Il est bien lâche mais la Mère Ubu le pousse à extirper la phynanse pour s’enrichir.

Il luttera contre la pauvreté en tuant les riches : les pauvres ne les jalouseront plus !

Il agrandira l’espace vital en tudant les ennemis et autres gêneurs !

Il rendra la Justice après l’avoir prise en de sages décisions arbitrales et orbitaires !

Le peuple ne sait à quel sein se vouer : celui de la mère Ubu fera l’affaire !

Le public ne sait quoi regarder : le théâtre d’avant-garde ou le vaudeville ? Le rire ou l’exaspération ? Le didactisme ou l’abstrusitation ? Le mieux est de regarder Ubu !

Père Ubu, d’abord, tuera tout le monde qui seront de fait d’accord, ensuite, les décervellera à condition qu’ils allongent la phynanse sonnante et trébuchante !

 

Il y a de la sagesse en cet homme là.

Ou dans son contraire.

Et réciproquement.

 

 

23 novembre au 22 décembre

L’Amour est une région bien intéressante # 3

Pendant un mois, la Cie l’Egrégore présente deux créations au Mini-Théâtre et à la Friche du Panier (96, rue de l’Evêché – 13002) et  poursuit son exploration des textes de l’auteur russe. Les deux spectacles sont joués chaque soir.

Les partenaires de « L’amour est une région bien intéressante » : Les Conviviales – Eclats de Scènes  (Vaucluse), Rencontres des Haute Romanche  (Hautes-Alpes), Théâtre de Lenche  (Marseille), Théâtre Gyptis  (Marseille), Théâtre d’O  (Montpellier), Théâtre de la Colonne  (Miramas), CDC  (Les Pennes-Mirabeau / Vitrolles),  Théâtre de Saint-Raphaël  (Var, Théâtre Le Comédia (Aubagne).

Coproduction : Théâtre le Sémaphore (Port-de-Bouc)

 

Anton Pavlovitch Tchékhov est comme ses personnages. Quand il s’adresse à nous, il pense à autre chose et garde son mystère. Parfois, ses créatures sont si occupées par leurs propres pensées que le dialogue leur devient insupportable et qu’elles réclament le silence, ce qui est un extraordinaire paradoxe, puisque nous sommes au théâtre.

 

Regarde la neige qui tombe I Mini-Théâtre du Panier

Mardi, mercredi, vendredi à 19h00 I mercredi, samedi à 21h00

Récits, musiques et chansons : un spectacle-cabaret d’après les nouvelles de Anton Tchekhov.

Adaptation et mise en scène : Joëlle Cattino,  Ivan Romeuf

Lumières : Jean-Luc Martinez

Scénographie : Jean-Luc Martinez,  Éric Poirier

Avec : Michel Bellier, Jérôme Beaufils, Joëlle Brover, J.oëlle Cattino, Denys Fouqueray, Jean-Marc Fillet, Jacques Germain, Alice Mora, Eric Poirier, Ivan Romeuf, Catherine Swartenbroekx, SandraTrambouze, Maurice Vinçon

Chant et  piano : Anne Gastine

 

Une histoire d’histoires !

Des histoires qui mettent en scène les habitudes craintives des petits fonctionnaires, les songeries d’éternels étudiants, les soupirs énamourés au fond des jardins, la nostalgie velléitaire des bourgeois de province.

Des histoires d’hommes et de femmes tout à la fois victimes de leur milieu, de leur époque et complices de leur malheur par lâcheté, renoncement, manque d’ambition.

La drôlerie de ces récits est d’une saveur, d’une violence incomparable.

Ici, pas question de démonstration satirique, mais une folie qui jongle pour le plaisir avec les mots, les «masques», l’absurde, le fantasque, l’échevelé.

Regarde la neige qui tombe… , c’est toute une histoire, faite d’histoires qui se racontent, se chantent…  et se dégustent « gastrosophiquement ».

Une fantaisie à la gloire des indécis, des imbéciles, des abîmés, de tous les ratés pitoyables et magnifiques.

Joëlle Cattino

 

Oncle Vania I Friche du Panier 

mardi, mercredi, vendredi à 21h00 I jeudi, samedi à 19h  I dimanches 25 novembre, 9 et 16 décembre à 16h

Traduction, adaptation, mise en scène : Ivan Romeuf

Assistante à la mise en scène : Joëlle Brover

Chargée de production : Catherine Rocchi

Eclairage et scénographie : Jean-Luc Martinez

Avec Jérôme Beaufils, Michel Bellier, Joëlle Brover, Joëlle Cattino, Jean-Marc Fillet, Denys Fouqueray, Jacques Germain, Alice Mora, Eric Poirier, Ivan Romeuf, Catherine Swartenbroekx, Sandra Trambouze, Maurice Vinçon

 

Le vieux professeur Sérébriakov est venu se retirer à la campagne, dans la maison de sa première femme. Cette arrivée perturbe la vie paisible de Sonia, la fille du professeur, et d’oncle Vania, qui à eux deux exploitent tant bien que mal le domaine. D’autant que l’attention des proches, y compris celle de Vania, se cristallise bientôt sur Elena, la seconde et très désirable épouse…

Dans ces scènes de vie à la campagne, la capacité de Tchékhov à reproduire des atmosphères, sa langue même, signalent l’essentiel : que la beauté vient de la simplicité et que les personnages puisent dans le quotidien, même trivial et résigné, le sens de leur existence.

 

Huit personnages en quête de bonheur…

Ne hurlons pas nos sentiments à la face du monde. La souffrance doit être muette, discrète, invisible, mais elle sait transpirer, exploser entre le samovar et le bois de bouleaux au bord de l’été. Pouvons-nous croire que cette souffrance dénonce notre amour alors qu’elle n’est que l’image de notre orgueil, de notre abandon, notre incapacité à avouer que la solitude et rien que la solitude nous est insupportable. Alors, avec le temps, on attend et on s’invente des amours, des désespoirs, des illusions, des rêves. Le temps s’écoule en nous laissant désabusés sur le bord du chemin. Le temps, indifférent à nos errances, voyage à notre côté et laisse s’écouler la jeunesse. L’été poursuit sa course, nous courons derrière comme des forcenés. Distancés, exténués, nous le regardons s’éloigner et disparaître. Plus tard, bien plus tard peut-être, devant la maison abandonnée de tous, nous nous reposerons, nous nous reposerons.

 

Les personnages de Tchékhov ne sont pas doués pour le bonheur. Même si, comme tout le monde ils y aspirent. Mais ce désir ne rencontre pas son objet, et parfois le désarroi du désir révèle la méconnaissance de cet objet même. Est-ce à dire qu’ils sont condamnés à souffrir jusqu’à leur dernier souffle de cette existence qui n’accorde à personne le salut sinon une consolation, du moins quelques instants heureux ? Il faudrait, pour qu’il en soit ainsi, qu’ils fussent condamnés par une faute qui dirige leur vie. Or, rien de cela. Point de péché originel, point de faute à assumer ; seulement une vie qui n’a pas su prendre la mesure de la vie, en perpétuel décalage avec les désirs et les passions qui figent les individus en une souffrance indépassable. Qu’ils souffrent donc ? Rien n’est plus sûr. Qu’ils espèrent que cette souffrance trouvera sa consolation en un autre lieu, ou dans un autre temps, ou qu’elle soit levée -ne serait-ce qu’un instant- par la rencontre hasardeuse avec le plaisir ? Assurément.

 « Sois sage ma douleur et tiens-toi plus tranquille, tu attendais le soir, il descend, le voici… »

           

13 au 31 mai 2008 I Théâtre de Lenche

mardi, vendredi, samedi à 20h30 I mercredi, jeudi à 19h

Le métier de vivre

Création d’après l’œuvre littéraire de Cesare Pavese

Mise en scène : Joëlle Cattino

Lumière : Jean-Luc Martinez

Composition musicale : distribution en cours

Costumes : distribution en cours

Avec : Jacques Germain, Ivan Romeuf, Maurice Vinçon

Après Constantin Cavafy et Fernando Pessoa, le cycle « poètes du XXe siècle en  Méditerranée » se poursuit avec l’écrivain Cesare Pavese.

 

Sur le suicide de Pavese, il n’y a pas meilleure explication que son journal intime « Le Métier de Vivre », un manuscrit trouvé parmi ses papiers après sa mort. Ce spectacle n’emprunte à ce journal intime que sa forme, son titre et quelques-unes de ses pages. C’est en fait un prétexte à voyager dans l’œuvre de Pavese. Un voyage dans un paysage humain, au cœur de son expérience de poète et de romancier. De nouvelles en poésies : nous marcherons sur les traces des expériences les plus fondamentales de tout individu que seuls certains grands écrivains, tel Pavese, peuvent transformer en langage et amener à la clarté.

Unité de lieu, de temps, d’action. Une nuit jusqu’à l’aube. Une chambre dans un désordre de papiers, de livres, de vêtements épars. Tout cela évoque un départ précipité ou un déménagement. Un homme, pieds nus, en chemise, apparemment épuisé par de longues heures de veille, dialogue inlassablement avec deux êtres terriblement humains et absolument imprévisibles.

Au cours de cette nuit hallucinée, il essaiera de mettre sa vie en ordre, d’en capter le sens : il range et classe ses papiers, ses livres, ses propres écrits. À cette occasion, il ouvre des tiroirs et redécouvre des choses qu’il croyait oubliées. Les échecs, les lâchetés, les défaites, les espoirs, les amours reprennent alors vie au cours de cette nuit. Les histoires, les anecdotes s’égrènent et s’échangent entre les trois hommes. Les réflexions sur le difficile métier de vivre renforcent la tragique impossibilité de communication humaine. Au petit matin tout sera en ordre.

Joëlle Cattino